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Wentworth Earl Miller II et Joy Palm se rencontrent alors qu’ils étudient tous deux à Yale. Wentworth sénior étudie le droit et Joy suit une formation pour devenir professeur d’enseignement spécialisé. C’est le 2 juin 1972 que Wentworth Earl Miller III voit le jour à Chipping Norton dans le comté d’Oxfordshire dans le sud-est de l’Angleterre.
Le prénom de Wentworth vient de sa grand-mère. La décision de donner ce prénom tant à son fils qu’à son petit-fils lui a été inspiré par un roman de Jane Austin, le Capitaine Wentworth. Wentworth est en fait un nom de famille, ainsi Wentworth a deux noms de famille pour son nom. Wentworth veut dire : « Went » c’est le nom d’une rivière du comté de Yorkshire en Angleterre et « worth » est le nom d'un village de l'Illinoi. Ce mot veut également dire valeur.
Le jeune Miller passe ses premières années dans le comté d’Oxfordshire où son père obtient une bourse à l’université d’Oxford afin d’y poursuivre ses études de droit. Lorsqu’elles s’achèvent, ils déménagent à New York, plus précisément à Brooklyn, non loin de Prospect Park.
De retour à New York, son père est engagé comme assistant du procureur et sa mère travaille comme professeur d’enseignement spécialisé. Dans une interview, Wentworth dit qu’il a été élevé dans une certaine éthique professionnelle : « Si vous allez travailler, faîtes le bien et non à moitié… Je me rappelle un mot que mon père me disait chaque jour avant de partir à l’école : « incréments » (en mathématique incrémenter c’est augmenter automatiquement). Chaque test, chaque quizz, chaque conversation avec le professeur, tout peut contribuer à ta note finale, qui aura une incidence à ton départ de l’université et pour le reste de ta vie. Tous ces petits morceaux s’ajoutent les uns aux autres jusqu'à obtenir quelque chose de plus grand ».
Influencé par cette conscience professionnelle et sa première expérience de la comédie, le choix de sa future carrière est scellé, à l'insu de son père qui l'a inconsciemment incité à devenir acteur : « Ma première expérience de la comédie a eu lieu au jardin d'enfants. Nous jouions des petits dinosaures... et j'étais le T-Rex.... Nous étions supposés préparer nos costumes, et la plupart des enfants sont arrivés avec des sortes de sacs en papier sur leur tête, mais mon père avait couru en tous sens pour me fabriquer une gigantesque tête de T-Rex en papier mâché... Et le jour de la représentation, quand je suis monté sur scène avec cette chose sur ma tête, le public est devenu dingue ».
Durant ses études il joue sur scène chaque fois que ses parents le lui permettent. Il fréquente le lycée Midwood à Flatbush (Brooklyn) où son coeur est brisé pour la première fois. En sixième année, pour un exposé, Wentworth décide de parler de son arbre généalogique en classe. Sa petite amie, jusque-là, n'avait pas réalisé que Wentworth était métis (Afro-Américain, Jamaïcain, Anglais, Allemand, Français, Néerlandais, Syrien et Lybien) et lorsqu'elle l'apprend elle lui dit « Retourne dans ta plantation espèce de nègre » . Ceci ne sera ni la première ni la dernière fois que son identité raciale lui aura causé du chagrin.
Déménagement…
Lorsqu’il étudie à Midwood il vit dans le quartier de ‘Prospect Park’, « c’était mon univers » dit-il. A cette époque, ses deux sœurs voient le jour, ce qui suscite un changement soudain pour Wentworth. Il se rappelle comment était Brooklyn : « Il y avait toutes sortes de gens. Dans le métro, vous côtoyiez à peu près toutes les origines, toutes les croyances et toutes les religions ». Sa famille déménage ensuite à Sewickley (Pennsylvanie) avant la dernière année d'école de Miller. « Cela faisait quelques temps que mes parents cherchaient à déménager. J'avais deux petites soeurs et il y avait des soucis à élever des enfants dans un milieu urbain. Il y avait, à New York, un certain train de vie qui pouvait être épuisant et nous y vivions depuis 13 ans. Ils avaient entendu beaucoup de bien de Pittsburgh et m’ont demandé si ça me dérangeait de quitter mon lycée. Ca ne me dérangeait pas, j’avais envie de faire l’expérience de passer une année dans un lycée de banlieue ».
Le lycée Midwood et ses étudiants multiculturels et le lycée de Quaker Valley en Pennsylvanie (à l’extérieur de Pittsburgh) sont très différents : « Mon école de Brooklyn comptait 3'000 étudiants. C’était l’enfer ne serait-ce que par leur nombre, mais super de par leur diversité. Quaker Valley comptait environs 400 étudiants, au maximum. Alors je suis remonté dans le classement, ce qui était un bon point. Sewickley était une ville fonctionnant comme une communauté et ce fut une expérience puissante et positive ».
Alors qu’il est à Quaker Valley, son père commence à développer le LEEWS (legal essay exam writing system [un programme payant dédié aux étudiants en droit devant préparer leur examen final] – (http://www.leews.com/) ce qui aide beaucoup d’étudiants en droit inquiets quant au déroulement de leurs études et de leur examen final.
Après avoir obtenu son diplôme de Quaker Valley il s’inscrit à l’Université de Princeton parce que : « J’ai grandi dans un environnement très ouvert mais conservateur et il était prévu que j’aille à l’université et que j’aie une certaine carrière devant moi ».
Avant de s’y inscrire Went s’inquiète de la façon dont il va être accepté par ses camarades de classe et ses compagnons de chambre. Comment peut-il expliquer qu’il est métis ? Est-ce qu’à chaque fois qu’il rencontrera quelqu’un il devra lui en parler ? Ses parents lui suggèrent donc d’accrocher des photos des membres de sa famille sur les murs de sa chambre ainsi, si des amis venaient lui rendre visite, ils les verraient et sauraient immédiatement. Aucune explication ne serait dès lors nécessaire.
Il apparaît que cette expérience du racisme et cette crise d’identité lui valent une mauvaise réputation et le surnom de « Stinky » qui le suit de Midwood à Princeton. « J’avais souvent une attitude déplaisante, mais je suis un gentil garçon maintenant » rappelle-t-il. Cette attitude de mauvais garçon lui vaut quelques problèmes à Princeton durant sa troisième année, en 1994. L’incident ressurgira durant la promotion de ‘The Human Stain’ (La couleur du mensonge).
Ceci est l’article rapporté par le New York Times à ce sujet :
Il (Wentworth) a publié, dans le journal de Princeton (Daily Princeton), une caricature de Cornel West, qui était alors un professeur d’études afro-américain mais qui venait juste d’être embauché par Harvard. Le dessin représentait Muffy, une étudiante blanche de Harvard, imaginant son premier cours avec West, qui disait : «La lecture d’aujourd’hui s’intitule « le rythme – pourquoi aucun de vous ne l’a et comment pouvez-vous l’acquérir?». Il y avait aussi une description de West en tant que ‘nouvellement acquis’ qui est une façon académique de nommer une nouvelle recrue.
Ca se passe mal – ‘nouvellement acquis’ est pris pour un terme faisant référence à l’esclavage – et en quelques jours le journal reçoit des lettres de mécontentement signées par des douzaines de membres du corps enseignant et d’étudiants, dont l’écrivain Toni Morrison. L’école est convoquée en assemblée et elle est plongée dans une tourmente prévisible, faisant l’objet d’accusations et de disputes. L’histoire fait son temps, et Wentworth Miller, que tout le monde supposait blanc, est transformé en personnalité controversée ‘le fanatique du campus’. A aucun moment il n’aborde ses origines, choisissant au lieu de cela de bredouiller quelques phrases pour tenter de tourner en dérision les stéréotypes raciaux. La carte de sa propre appartenance raciale n’a pas été abattue.
Wentworth se rappelle de cette époque gênante de l’université :« Au lieu d’aller de l’avant et d’expliquer ce que j’avais voulu exprimer avec ce dessin et de mettre en avant mes origines en tant que preuve que je ne voulais blesser personne, j’ai choisi de garder le silence. Mon état d’esprit était celui-ci : ‘s’ils ne le comprennent pas, je n’ai pas besoin de l’expliquer, ce qui était ma façon de penser que s’ils ne me connaissaient pas, je n’avais pas besoin de leur parler de moi’. Les gens qui me connaissaient sur le campus et qui connaissaient mes origines savaient d’où je venais, mais je pense que la pour la plupart des personnes je n’étais qu’un nom sur un papier, et ils supposaient que j’étais blanc».
Alors que tout ceci se produit, il fait également, durant ses études, des tournées avec un groupe de chant acapella, les ‘Princeton Tigertones’. Il explique : « J’ai passé du temps à voyager dans le pays durant l’année, et puis nous sommes allés en Europe en été. A chaque endroit où nous nous produisions nous déposions un chapeau pour récolter un peu d’argent pour les repas. C’était vraiment la meilleure façon de découvrir le monde ».
Durant sa dernière année, Wentworth décide de baser son diplôme de littérature anglaise sur ‘l’idée de dédoublement et de la construction de l’identité sexuelle’ dans Jane Eyre and ‘The Wide Sargasso Sea’. Il dit : « je pense que c’est aussi en relation avec le fait de s’identifier,se percevoir à travers les yeux de la hiérarchie dominante des hommes blancs». Un thème qui plus tard influencera son travail en tant qu’acteur en se présentant aux différents castings d’Hollywood.
En 1995, Wentworth, diplômé en littérature anglaise, est confronté à une décision difficile, que faire ? « Princeton était un environnement tellement conservateur – un tiers de la classe rentrait en études de médecine, un tiers en droit ou à Wall Street ou n’importe quelle autre filière- et jouer la comédie semblait être une décision vraiment risquée ». Sans tenir compte de ce qu’on attend de lui il décide de quitter New York pour aller s’établir à Los Angeles. Ainsi il pourrait rentrer dans l’industrie du divertissement. Son projet – travailler derrière la caméra, en tant que responsable de développement dans le secteur du divertissement, de cette façon il peut s’assurer d’avoir un salaire. Les soucis de la vie d’un acteur, d’un point de vue financier, influencent finalement son choix de carrière.
Traduit et adapté de l’anglais par Addi. Toute reproduction même partielle est strictement interdite.
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