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 House M.D
 Rôle : Benjamin Byrd
 Début du tournage: octobre 2011
 Genre:Série médicale,comédie dramatique
 Sortie US :17/10/2011
 Sortie FR : ???
 Info | IMDb | Site officiel | Photos

 The Mourning Portrait (2011)
 Rôle : Le photographe
 Début du tournage: Fin 2011
 Genre:Horreur, supernaturel
 Sortie US : 2012
 Sortie FR : ???
 Info | IMDb | Site officiel | Photos

 Stoker (2012)
 Rôle : scénariste
 Début du tournage: 29 août 2011
 Genre:Drame familial, horreur, thriller
 Sortie US :2012
 Sortie FR :???
 Info | IMDb | Site officiel | Photos

 Loft (2013)
 Rôle : Luke Seacord
 Début du tournage: 6 juin 2011
 Genre:thriller
 Sortie US :2013
 Sortie FR :???
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Chaptire II

02. Un nouveau départ jusqu'aux souvenirs qui refont surface
A Los Angeles il découvre une culture et un environnement différents. Aucune scène ne fait appel à lui et il recherche toujours une place à L.A. Il se souvient : « J’ai passé la majeure partie de cette première année (dans le développement) à transmettre des fax et faire du classement, à changer des ampoules et remplir l’aquarium du poisson de mon patron, en somme tout ce qu’un débutant à Hollywood fait habituellement. J’étais celui qu’on appelait le week-end lorsque l’alarme à incendie était déclenchée dans l’immeuble ».


Il ajoute : « Mais chaque week-end je serais retourné au bureau parce que je n'avais pas la climatisation chez moi et qu'il faisait chaud. J'aurais passé mon temps dans la salle de conférence, j’aurais en quelque sorte campé là et j'aurais fait un raid dans la cuisine de la compagnie. Tout cela juste pour regarder tous les films que nous avions en vidéo et qui provenaient de différentes sociétés de production. Et les pensées ont commencé à affluer dans mon esprit et je me suis rendu compte que j'avais toujours la question ‘et si' en suspens et j'ai décidé de renoncer à ce poste. C’était effrayant. Je suis rentré dans le bureau de ma cheffe et j’ai dit : ‘Vous savez, je vais le faire, je vais devenir acteur’, et elle a répondu : ‘Et bien, je viens juste d’être engagée par une autre chaîne en tant que directrice de films et je veux que vous veniez avec moi en tant qu’assistant’. Cela représentait quelque chose comme 40'000 $ par année, c’était en quelque sorte une association, la cerise sur le gâteau, pour moi ».

« J’hésitais entre les deux. Devais-je le faire ou non ? C’était quelque chose d’exceptionnel pour quelqu’un sortant des études. Et je me suis finalement rendu compte que si j’acceptais cette proposition ça serait bien si le succès était au rendez-vous, mais je penserai toujours au métier d’acteur. Et si je me lançais dans la comédie et que le succès était au rendez-vous alors là je ne penserai plus jamais à cette opportunité. Alors j’ai dû dire à ma cheffe que je ne la suivrai pas. Et elle a dit : ‘Je pense que vous faîtes une erreur. Je pense que vous aller le regretter’. Mais je suis parti malgré tout et j’ai commencé à travailler en tant qu’intérimaire pour joindre les deux bouts ».

« J'ai travaillé à la libraire "Borders Bookstore" "avec un salaire équivalent au minimum vital. Je portais une cravate et un badge avec mon nom et j’étais derrière un comptoir... Finalement j'attache de l'importance à l'expérience que j'ai vécue derrière ce comptoir parce que pour faire ce travail, vous avez besoin d'une âme d'artiste, mais d'une impulsion de bureaucrate. Si vous faites le métier de serveur, en attendant votre chance, vous n'avez pas envie de rentrer à la maison chaque nuit après un long service au restaurant et mettre votre photo et votre curriculum vitae dans des enveloppes pour les envoyer à des agents et des producteurs, et si vous ne le faites pas, personne ne le fera pour vous ».


Alors qu’il touche le fond, d'un point de vue financier, Wentworth regarde chaque mois sa collection de CD. « J’essayais de déterminer lesquels j’étais prêt à vendre pour pouvoir payer mon loyer. C’est à ce moment là que je me suis alors rendu compte que je ressentais le besoin de jouer la comédie comme de respirer et que je ne pouvais pas m'en éloigner ».

Pendant ce temps Wentworth prend des cours d'art dramatique à L.A, cela pendant environ deux ou trois ans jusqu'en 2002 environ. « Ce n’était pas vraiment une formation professionnelle (quoique) ». Il apprend, par le biais de ces cours, que « quelques acteurs vous diront qu'ils se perdent dans leur personnage. Je pense que pour moi, jouer la comédie équivaut à la découverte de vous-même au travers de votre personnage. Cela vous permet d’explorer ces parties de vous que vous ou votre environnement ne vous permettent pas d'exprimer en temps normal. Je pense que dans l'ensemble, les cours d'art dramatique sont vraiment des endroits où les gosses bourgeois se rendent pour surmonter leur éducation bourgeoise, une période de la vie durant laquelle on vous dit ce qui est et ce qui n'est pas opportun. Bien sûr, cela m’a tenté parce que tout le monde veut être inopportun et alors pourquoi ne pas être payé pour cela ? ».

Il peut ainsi se garantir un travail rémunéré dans des séries comme 'Buffy contre les vampires' (en 1998) dans laquelle il joue Gage Petronzi (le capitaine de l'équipe de natation qui se transforme en monstre marin dans l'épisode ' Go Fish '). Un rôle dans 'Time of your life' où il campe Nelson (dans l'épisode 'Time the truth was told’) et ensuite plus rien pendant une année.

Tous ces jobs incertains font qu’il doit, après six mois, retourner à son emploi de stagiaire dans l’ancienne compagnie de production. En parlant de son ancienne cheffe, il dit « Elle a eu la grâce de ne pas me dire 'je vous l'avais dit'. J’ai travaillé en tant qu'intérimaire pour beaucoup de personnes dans l'industrie du spectacle. J'ai passé trois mois à écrire des contrats pour d'autres acteurs qui travaillaient pour une agence incroyable, ce qui était dur, mais je suis content d'avoir eu cette perspective. Il y avait quelques personnes qui attendaient de moi que je plonge vers eux au moindre souhait et que je fasse exactement ce qu'un assistant devait faire, mais en règle générale la plupart d'entre eux voulait simplement que je reste assis là à chauffer un siège. Alors j'ai beaucoup lu et je me suis en quelque sorte fondu dans la tapisserie. C'était la principale qualité qu’ils appréciaient chez moi en tant qu'intérimaire. Ils ne voulaient pas de quelqu'un qui gesticule en tous sens, ou qui fasse la roue. Parfois je pense que j'aurais dû me connecter et essayer d’obtenir un diplôme de droit. J'ai gaspillé tout ce temps » (rires).

Il travaille pour Hill/Fields Entertainment ainsi que pour d'autres chaînes et compagnies et est crédité pour des émissions comme ‘Gone in the Night’ (en 1996), ‘Shaunessy’ (en 1996) et ‘Vows of deception’ (en 1996). Les associés et les producteurs qui travaillent sur ces projets sont Bernadette Caulfield, Joel Fields, Ardythe Goergens, Léonard Hill et Susan Rosner avec qui il a très probablement travaillé en tant que stagiaire.

La différence entre la première fois où il a travaillé en tant que stagiaire et cette fois c'est que cette fois il le fait en cherchant toujours à devenir acteur. Après 'Time of your life' il continue à auditionner pendant quelques mois jusqu'en 2000 où il apparaît dans deux épisodes de la série 'Popular' dans laquelle il joue Adam ‘Rothchild Ryan’, un mystérieux nouvel étudiant qui veut être le premier meneur masculin d'un groupe de pom-pom girls et qui est prêt à tout pour atteindre son but. Il reprend deux mois plus tard son rôle de Nelson dans un autre épisode de 'Time of your life' intitulé ‘The time they got e-rotic'.

Quatre mois plus tard il fait une apparition dans ‘Urgence’ dans la peau de ‘Mike Palmieri’, un joueur de football du lycée qui est blessé suite à un placage et qui est emmené d'urgence à l'hôpital pour une hémorragie. Pendant cette année il apparaît aussi dans 'Roméo et Juliette' un long métrage orchestré par Colin Cox le réalisateur britannique avec lequel il continuera plus tard de travailler en tant qu'associé pour des productions théâtrales. Son rôle est celui de Paris le Comte jaloux auquel la main de Juliette est promise. (www.willandcompany.com)

Il travaille également, durant cette période, en tant qu'officier de presse pour le théâtre américain-asiatique à New York. Une expérience précieuse qui s'avèrera pratique durant la promotion de ses films et de ses projets à la télévision. ( www.naatco.org)

L’année 2000 est une année chargée, durant laquelle il travaille sur quelques séries TV et un film. Ensuite plus rien. 2001 est quant à elle une année calme. Le seul projet sur lequel il est engagé est un court métrage intitulé 'Room 302', de Erma Elzy-Jones, une productrice noire. Il y joue le rôle du serveur pour deux femmes qui passent la majeure partie de leur temps à confronter leurs craintes et leurs ressentis les plus profonds après le choc du verdict de O.J Simpson.

Il semblerait qu'il soit difficile pour lui de trouver sa place au sein du système Hollywoodien. Il se remémore : « Chaque jour je ressentais le besoin de me définir aux autres de peur qu'ils ne me définissent eux-mêmes... Ensuite, vous arrivez à Hollywood, vous auditionnez en disant : ‘Bien, comment me voyez-vous ?’, ‘Où puis-je intervenir ?’ et ceci à chaque fois que vous vous y rendez ».

Naturellement ses parents sont inquiets, il raconte : « Quand j'ai eu mes périodes de chômage, je recevais ce genre de mail de mon père : 'J'ai vu que la police de Los Angeles avait un programme de réserve. Peut-être que cela serait quelque chose qui pourrait t'intéresser, tu devrais te renseigner’ ». Mais il ne le fait pas. Il garde ses parents à l'écart en leur disant « J'ai appris à décomposer un texte à Princeton, ce qui m'aide à décomposer un scénario » . Il dit : « C'est ce que je répondais à mes parents quand ils ont commencé à se demander où allait tout cet argent ».

Il passe la majeure partie de cette année à travailler dans le développement pour la chaîne ABC jusqu’à ce qu’un rôle important lui soit offert dans la mini-série Dinotopia, produite par cette même chaîne ‘Tout est un éternel recommencement’.

« Ils recherchaient les deux frères depuis environ deux mois et je suis arrivé et j’ai auditionné pour le rôle de Karl. Ils ont dit ‘ nous avons beaucoup aimé, nous vous rappellerons cet après-midi’. Alors je suis revenu l’après-midi et c’était en quelque sorte un match où il y avait quatre David et quatre Karl. Ils voulaient nous mettre tous ensemble pour voir qui correspondait le mieux et à quel personnage. J’ai auditionné pour le rôle de Karl la plus grande partie de l’après-midi. Ensuite le directeur, Marco (Brambilla) a dit, ‘vous savez quoi ? Pourquoi n’essayerez-vous pas David pour voir si ça vous convient ?’. Alors je suis ressorti dans le hall pour lire le scénario de David pendant environ cinq minutes, ou peut-être moins. Je suis revenu et j’ai fait un essai pour ce rôle avec pour partenaire Tyron (Leitso). Deux jours plus tard nous avions tous les deux décroché nos rôles. Je suis content que ça se soit déroulé ainsi parce que même si c’était deux personnages intéressants, j’étais attiré par celui de David parce qu’il vole sur le dos des dinosaures ».

Ce qui attire Wentworth dans le scénario c’est que, selon lui : « Guerney n’avait pas juste créé un monde fantastique, il avait aussi créé un code moral. C’est un monde qui prêche la tolérance envers les autres, où les gens sont encouragés à ne faire qu’un avec leur environnement – pour tenter ainsi de faire en sorte que le résultat soit le meilleur possible. C’est un message important qui appelle non seulement les enfants mais aussi les adultes, ce qui est facile à vérifier car il y a beaucoup de fans adultes qui prennent le monde de Dinotopia et son code très au sérieux. J’ai été très attiré par cela et aussi par le fait qu’il s’agisse d’une production Hallmark. Ils font de belles choses – ils sont réputés pour la qualité de leurs divertissements familiaux ».

Les thèmes de la famille et de la communauté traités dans les films et les productions télévisuelles continueront à inciter Wentworth à auditionner pour ce genre de scénarios.

Durant cette période, ses parents sont en instance de divorce et la solide notion de la famille qu’on lui avait apprit étant jeune n’est plus ce qu’elle était.

Sa première expérience de tournage en tant que rôle principal est épuisante. Il y fait ses propres cascades, c'est à dire de l'escalade, de la natation, des scènes de combat et il chevauche aussi des dinosaures (des simulateurs) . L'expérience qu'il avait acquise en interprétant un joueur de football et un capitaine de l'équipe de natation l'a précédemment préparé pour ce rôle si stimulant d'un point de vue physique. Si l'on considère que dans la vie réelle Wentworth se qualifie de « pantouflard » , son rôle d'acteur est complètement l'opposé – des personnages vulnérables et inactifs qui se transforment en êtres courageux et forts.

Pendant et après l’achèvement du tournage de Dinotopia Wentworth apparaît dans des commentaires sur les coulisses de la série et des interviews pour des magazines, ce qui va aussi le préparer pour les promotions qu’il aura a faire dans la suite de sa carrière.

Dinotopia marche bien lorsqu'elle est diffusée sur ABC et c’est l'une des mini-séries les plus chère jamais produite. L'équipe de CGI remporte un Emmy Awards pour la qualité des effets spéciaux. Suite au succès rencontré, la chaîne ABC décide de commander une série complète avec des acteurs différents dans les rôles principaux. Malheureusement la série ne marche pas et est rapidement annulée. Tous les espoirs que Wentworth aurait pu avoir quant à un rôle révolutionnaire sont tombés à l'eau.

De retour à son train-train quotidien il recommence à auditionner jusqu’à ce qu’il décroche deux rôles. L’un deux est celui du ‘Dr. Adam Lockwood’ dans ‘Underworld’ un film traitant de deux communautés (les vampires contre les loups-garous). Coincés entre ces deux communautés il y a deux humains. Le premier est le héro, ‘Michael Corvin’, un homme qui a été mordu par un loup garou et par un vampire et qui devient une sorte de vampire, de loup-garou et d’être humain mélangé. L’autre homme qui est coincés au milieu est le ‘Dr. Adam Lockwood’ (le personnage joué par Wentworth) qui trahit Michael.

Au départ, Wentworth veut jouer le rôle principal de ‘Michael Corvin’ mais perd face à Scott Speedman. Le producteur aime la prestation de Wentworth et l’engage pour le rôle du docteur. Wentworth tourne ce film, puis un autre rôle se présente dans ‘La couleur du mensonge’. Etait-ce ce rôle révolutionnaire qu’il avait tant attendu ?

Les souvenirs refont surface.
Quand Wentworth reçoit le script de son agent pour ‘La couleur du mensonge’ on lui dit que le scénario est parfait pour lui. En entendant cela, Went est inquiet de se présenter à l’audition et de ne pas avoir le rôle. 'Qu’est-ce que cela voudrait dire ?' Il est aussi inquiet par rapport au fait d’être dorénavant enfermé dans un rôle. Il dit : « Je voulais qu’on continue de m’envoyer à des auditions pour des rôles ayant des ethnicités différentes ». Mais finalement il surmonte sa réserve initiale et se rend à l’audition.

Il est remarqué par la directrice de casting Deb Aquilla à qui il dit qu’il pense que le scénario est une histoire puissante, une de celles dont on ne parle pas très souvent. « Je lui ai dit que j’aimais beaucoup le scénario parce qu’il résonnait en moi comme une minorité et que je pensais que je connaissais pas mal de sous-entendus en rapport avec ce personnage. Elle a été surprise ». Deb Aquilla se souvient d’avoir vu Wentworth et s’être sentie mal à l’aise de devoir lui demander des renseignements par rapport à ses origines ethniques. Alors qu’elle réfléchit à la façon d’aborder le sujet avec lui, il lui sourit et dit « mon père est noir et ma mère est blanche, je comprends beaucoup de choses en rapport avec ce qui se passe dans cette histoire grâce à mes souvenirs et mes propres expériences ». Il lui parle alors de ce qui lui est arrivé à Princeton avec son dessin et la façon dont il peut se rapprocher de ce personnage qui devient, à cause du politiquement correct, un paria aux yeux de ses amis et de ses collègues.

« Nous avons eu une grande discussion, presque trop bonne, car au moment où j’ai dû passer l’audition, j’ai eu l’impression que l’accumulation d’émotions était si grande que j’avais besoin de me libérer – peut-être plus que ce que l’on attendait de moi pour une première audition. Par chance, ce fut l’un de ces moments de tension où j’ai montré le meilleur de moi-même ce jour-là. J’étais en larmes, elle était en larmes, nous avons fait toutes les scènes difficiles du film et elle m’a recontacté un mois plus tard pour un bout d’essai avec Robert Benton ».

Robert Benton se souvient aussi de l’audition et dit que Wentworth a la rare faculté de garder son calme et que s’il devait faire un cours avec des acteurs il utiliserait Wentworth comme exemple. De toutes ses années de production il ne peut se rappeler que de deux expériences spéciales qu’il a vécues durant des auditions. La première fut avec Justin Henry le jeune homme qui joue Billy dans le film Kramer contre Kramer, qu’il a produit, et Wentworth. « Ils étaient tous deux parfaits pour leurs rôles ».

« Ca paraît étrange, mais ils ont demandé à ce que je leur prouve que j’étais ce que j’avais dit, parce qu’un acteur peut dire à peu près n’importe quoi pour obtenir un rôle. Alors j’ai dû littéralement aller au Kinko’s avec mon album de famille et photocopier les photos de mes ancêtres depuis mes arrière-grands-parents jusqu’à ce jour. Et j’étais debout devant la photocopieuse à regarder tous ces visages en pensant à tout ce que ma famille avait traversé. Et j’ai pensé, Mon Dieu – est-ce que tout cela a fait en sorte que je décroche ce rôle ? Et la réponse était non, mais de façon étrange, oui aussi. J’ai vraiment eu l’impression que c’était le bon moment, le bon rôle et la bonne place. Quand je suis revenu ils ont dit, ‘vous êtes notre homme’. Et j’ai immédiatement embrassé tout le monde dans la pièce. Je suis sorti du bureau aux environs de la Paramount, l’endroit où j’avais travaillé en intérim au cours des cinq dernières années, et je me suis dit que c’était un moment rare. Je me suis senti empli d’un sentiment de gratitude. Et j’ai appelé ma maman ».

« Je me sens incroyablement honoré de pouvoir participer à une histoire que ma famille est désireuse de regarder, non seulement parce que je joue dans le film, mais parce qu’elle aborde des questions qui touchent notre vie ».


Durant l’audition et la préparation pour le rôle il a de nouveau dû réfléchir à son passé et à qui il était, à son identité. « ‘La couleur du mensonge’ est un film qui m’a forcé à m’interroger par rapport à la façon dont je percevais les autres et moi-même et qui m’a, plus tard, poussé à me remettre en question par rapport aux bases de ma vie et de mes croyances ».

Le personnage de Coleman Silk l’attire parce qu’il pense « qu’il (Coleman) est très brillant et ambitieux, mais il a été complètement défini par son environnement en tant qu’homme noir dans les années 1940 en Amérique. C’est une prison et il décide de s’en évader, ce qui est une chose très audacieuse et insolente et en définitive très destructrice parce qu’il atterrit dans la prison qu’il s’est lui-même construite. En devenant un homme blanc, il s’engage dans une vie qui ne tient pas compte de l’intimité, parce qu’il ne peut jamais être complètement honnête avec sa femme. C’est aussi une vie faite de peur, parce qu’à chaque fois qu’il entre dans une pièce il y a le danger que quelqu’un le reconnaisse et qu’il sache qui il est et ce qu’il est ».

Wentworth se remémore qu’en se préparant pour le rôle c’était important pour lui « qu’en tant qu’acteur je devais garder à l’esprit que ce n’était pas mon job de condamner ou de pardonner mon personnage. Cela n’aurait pas tenu compte de sa complexité. Coleman se sent coincé par les définitions, ce qui l’étouffe et il a besoin de s’évader. C’est quelque chose qui peut toucher n’importe qui. Cela place le film au-delà des questions raciales ».

Il doit suivre un entraînement intensif de boxe pour pouvoir jouer Coleman Silk durant ses années de lycée avant qu’il ne décide de renier son origine d’homme noir à la peau claire et de se faire passer pour un juif. La boxe est un hobby pour le jeune Coleman. « Ce fut un travail très rigoureux. J’ai travaillé avec le même entraîneur que celui de Denzel Washington dans ‘The Hurricane’. J’ai eu 3 mois d’entraînement, 5 jours par semaine, 4 à 5 heures par jour. Ensuite, un mois de chorégraphie a suivi. Ainsi, ça fait 4 mois de préparation pour 12 heures de tournage, pour une scène de 30 secondes diffusée ».

Encore une fois, ses précédentes expériences d’entraînement physique et ses rôles l’aident pour la préparation de ce rôle. Mais rien ne peut le préparer à entrer dans la peau du grand Anthony Hopkins qui joue Coleman Silk âgé. « C’est une grande pointure. C’était un honneur mais j’étais aussi soucieux en pensant ‘comment vais-je aborder cela ?’ L’homme en question est une légende et j’ai toujours été un immense fan de son travail. J’avais la sensation qu’en tant que petit nouveau je devais faire en sorte que mes performances soient à la hauteur de Sir Tony, plutôt que le contraire et je suis sorti et j’ai loué tous les films d’Anthony Hopkins que j’ai pu trouver ainsi je pouvais voler quelques petites parties de son talent et les intégrer aux miennes».

Quand Wentworth achève le tournage de la ‘Couleur du mensonge’ des souvenirs de ce qui s’était produit à Princeton avec le professeur Cornel West ressurgissent. Il écrit une lettre à Cornel West pour lui présenter ses excuses par rapport à ce qui était arrivé et l’informe de son rôle dans la couleur du mensonge. Il ne reçoit aucune réponse. Côté travail, les producteurs décident qu'il devrait participer à la promotion du film. Avec cette promotion, il se rend aux premières du film avec ses collègues dans différent Etats des Etats-Unis, dans des endroits comme Chicago, Denver, New York et des villes européennes comme Londres et Venise. Par un coup de chance inattendu, sa collègue et actrice Anna Deveare Smith qui joue sa mère dans la couleur du mensonge est amie avec Cornel West qui se pointe à la première de New York. « La première chose qu'il a faite fut de me prendre dans ses bras à la façon d’un grand ours, ce qui signifiait énormément pour moi ».

L'expérience de se voir à l’écran lui procure des sentiments mitigés et réveille en lui à nouveau des souvenirs personnels et douloureux. « Quand je l'ai vu pour la première fois au Festival du cinéma de Venise, ce que j'ai ressenti ensuite fut très embarrassant – pas d’une façon vraiment négative, mais plutôt parce que vous avez le sentiment d’avoir révélé quelque chose de très personnel et de très privé au grand jour – quelque chose qui venait de se produire entre Jacinda Barrett et moi ou quelque chose qui m’avait fait très mal dans ma propre existence. Et soudain, tous ces gens m’approchaient et parlaient de cela avec moi alors que moi je n’en avais jamais parlé, parce que pour moi, ce sont des sujets toujours très personnels et des questions d’ordre privé avec lesquelles je lutte et avec lesquelles je vis chaque jour. Je ne sais pas du tout qui ils sont, mais ils ont des opinions de moi – et je n'ai aucune idée de leur étique professionnelle et c’est effrayant ».

Malgré toutes ces pensées et ces émotions bouillonnant à l’intérieur de lui, il doit continuer de promouvoir le film. Il fait plusieurs séances photos et des interviews seul ainsi que des conférences de presse avec ses collègues. Les critiques sont curieuses et ne comprennent pas pourquoi un jeune Blanc interprète le rôle d'un personnage que l'on suppose être un homme noir à la peau clair. À maintes reprises, Wentworth doit définir son statut ethnique pour éviter d’être pris à tort pour un Blanc. Comble d’ironie, Toni Morrison - qui était impliqué dans l'organisation d'une campagne contre Wentworth à Princeton à cause de son dessin est la personne qu'il continue à citer. « Il y a une grande citation tirée du roman de Toni Morrison, intitulé le Bien-aimé : 'Les définitions appartiennent aux définisseurs et non aux définis'. J’ai dû constamment me définir aux autres personnes, de peur d’être défini par eux ».

On lui demande aussi son avis sur le racisme en Amérique et sur les définitions raciales. « Dans le terme Afro-Américain, j’ai un problème avec le trait d’union, je ne veux pas être Afro-Américain ou Sino-Américain ou Irlando-Américain. Ma famille est dans ce pays depuis des générations. Il n'y a aucune raison au monde pour que je ne puisse pas réclamer juste le mot ‘Américain’." Sa nationalité est aussi évoquée lorsqu’il révèle avoir la double nationalité et détenir tant un passeport britannique qu’un passeport américain. Mais par-dessus tout, en ce qui le concerne, il est « Américain du début à la fin et tout le temps ».

On lui demande aussi de parler de ses expériences du racisme : « J’affronte le racisme de façon indirecte, le genre de situation ou je suis avec un groupe d’amis blancs et que l’un d’eux fait un commentaire qu’il ne ferait pas, disons, à ma réunion de famille. Ca laisse des traces. Quelqu’un vous appelle « nègre » et c’est comme une lame de couteau plantée dans le ventre. C'est juste une petite entaille mais cette entaille vous fait suffisamment souffrir et vous saignez à mort, c’est un peu pareil. Ainsi quand cela arrive, vous êtes confronté à un choix difficile : dois-je quitter la fête, dois-je rectifier les choses ? Et idéalement vous devriez le faire, mais j’ai mieux à faire que d’éduquer les gens. Et cela laisse beaucoup de cicatrices ».

Un incident navrant avec un journaliste lui rappelle aussi la réalité du racisme et de quelle façon le vocabulaire peut-être puissant. « J'étais tout simplement entrain de converser avec un journaliste à New York quand il me dit, ' Donc vous êtes un bâtard, ' et je lui ai dit, ' Vous savez, je trouve le terme "bâtard" profondément offensant. ' Donc il a fait marche arrière et a dit, ' je suis moi aussi un bâtard. Je suis en partie allemand et en partie Irlandais. '" 'Cela signifie que vous êtes blancs, ' lui ai-je dit. ' Mais merci pour votre participation ! ».

Approché par des téléspectateurs métis, Wentworth dit : « beaucoup d'entre eux étaient heureux de voir un représentant de leur race à l’écran ».

En termes de comédie il est questionné au sujet de la personne qui représente son plus grand adversaire, question à laquelle il a répondu Josh Hartnett. Et son point de vue sur sa future carrière ? « Je dirais cela de façon sérieuse et compréhensive que si j’attends des rôles qui clarifient mon appartenance ethnique, je risque d’attendre très très longtemps. J’aspire à des rôles comme ceux de Denzel Washington qui essaie de trouver des scénarios écrits pour des hommes blancs ou Jodie Foster qui auditionne pour des rôles fait pour des acteurs. Je dis à mes représentants qu'ils peuvent m’envoyer sur n’importe quels rôles d'appartenance ethnique, ou des rôles qui ont été écrits pour des Caucasiens pour autant que la race ne soit pas un problème dans le film, je pense que l’appartenance ethnique des acteurs commence à importer si elle est importante dans le film. Si vous voulez faire une production entièrement esquimaude de ' Roméo et Juliette, ' je dirais ‘Dieu vous bénisse, je suis impatient de le voir’. Mais si c'est une production entièrement esquimaude de ' Autant en emporte le Vent, ' c’est évidemment un peu plus problématique ».

Encore une fois, comme tant d'incidents dans sa vie tels que l’arrivée de son premier rôle majeur (Dinotopia) dans la même chaîne que celle qui l’emploie, sa rencontre avec Cornel West après toutes ces années et leur possibilité de résoudre leur différend, il tombe sur des responsables exécutifs pour lesquels il avait travaillé auparavant. « Il y a maintenant des gens qui s’approchent de moi dans les festivals de cinéma et les projections et qui disent des trucs comme : ‘Ne seriez-vous pas celui qui faisait des photocopies ?’ Maintenant que j’en suis au point où les personnes importantes rient de tous les bavardages et plaisanteries que je fais, je pense ‘ Vous savez j’ai préparé des cafés pour des gens comme vous pendant 6 ans’, donc je sais ce que c’est puisque je l’ai vu de l’autre côté ». Le conseil de Wentworth à l’attention des responsables de ces studios est qu’ils devraient être agréables avec leurs modestes subalternes parce qu'ils ne savent pas quand ils se retrouveront en affaire avec eux pour une production.

Avec toute cette promotion et ces comptes-rendus, les critiques font l’éloge de sa performance révolutionnaire et sont sûres qu’il va être nominé aux Oscars pour son second rôle dans le film. Wentworth est enthousiaste et la sortie du film arrive juste à temps pour être présentée aux Oscars. La production retient son souffle... Rien !

Pas une seule nomination. Ils sembleraient que les critiques perçoivent le fait qu’Anthony Hopkins en tant qu’homme noir à la peau clair et la ‘maigrelette’ Nicole Kidman en tant que gardienne grossière soient trop invraisemblables. L'académie semble avoir également la même opinion. Encore une fois, comme avec Dinotopia, Wentworth passe à côté de ce qui aurait pu être un grand tournant dans sa carrière.

Il est à nouveau au chômage de 2003 jusqu’à fin 2004 et de retour à un rythme de vie difficile. Pendant ce temps il travaille en tant que suppléant pour la comédie musicale de William Finn ‘The 25th annual Putnam Spelling Bee’. Une pièce qui parodie les compétitions mettant en scène des enfants contre des enfants pour déterminer lequel d’entre eux a le meilleur vocabulaire. Dans cette version, les adultes rivaux ne se battent pas uniquement pour le titre mais aussi avec des souvenirs de la pression parentale ‘être le meilleur’. Dans ce rôle, son diplôme d’anglais et son amour pour le scrabble s’avèrent pratiques. (www.playbill.com)



Traduit et adapté de l’anglais par Addi. Toute reproduction même partielle est strictement interdite.

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